De son histoire, la République Démocratique du Congo n’a pris part qu’à une phase finale de la coupe du monde de la Fédération Internationale de Football Association, c’était en 1974, en Allemagne où le Congo a partagé le Groupe C avec le Brésil, la Yougoslavie et l’Ecosse. Bilan 0 victoire, 0 but marqué contre 14 encaissés. Oui, c’était le Zaïre, le Tout Puissant Zaïre champion d’Afrique avec une attaque de feu dont NDAYE est la preuve, 9 buts en une édition.

Un bilan qui a laissé place à un climat de frustration entre les joueurs et de désamours avec les politiques, les Léopards ont perdu leur tâche.

1976 – 1990 : Léopards, la crise !

A leur retour à la coupe du monde, les Léopards ne sont pas les bienvenus, pas d’escorte à l’aéroport, pas de cérémonie pour les accueillir, la FEZAFA est en disgrâce avec le pouvoir en place, le Maréchal Mobutu ne veut rien savoir du groupe, Vidinic est parti. Plus rien ne va.

En 76, les champions d’il y a deux ans sont qualifiés d’office et retrouvent leur habituel groupe B, avec des adversaires d’aujourd’hui qui y étaient autre fois ; le Maroc, le Soudan et le Nigéria.

Dès la première journée, c’est la défaite (4-2) face aux Super Eagles du Nigéria, les Léopards s’inclinent. Les buts de KABASU et EKOFO n’ont servi qu’à retarder la défaite.

La série se poursuit en deuxième journée, les zaïrois sont battus par les Lions de l’Atlas du Maroc (futur champion), 1-0 puis contraints au nul par le Soudan (1-1) avec une réalisation de NDAYE MULAMBA, les Léopards quittent la compétition avec un petit point.

Juste après, plus rien. Les CAN 1978, 80, 82, 84 et 86 ne connaitront pas la participation du Zaïre, les Maitres connaissent 10 ans de galère. En 1988, c’est contre le Maroc que le Zaïre va démarrer la compétition, le Royaume Chérifien, pays organisateur. En trois matches joués, les zaïrois ne décrochent que deux points sur les 9 possibles (nul face au Maroc et la Côte d’Ivoire). Ils perdent lors de la dernière sortie face aux Fennecs de l’Algérie (1-0) et quittent la compétition en occupant la dernière place du Groupe.

Deux ans plus tard, les Léopards manquent à l’appel. Le pays va mal, le secteur économique est touché, le sport est impacté et le Zaïre se meurt. La participation à la CAN 1990 n’est qu’une illusion.

1992 : La Renaissance

La Coupe d’Afrique des Nations 1992 marque le retour des zaïrois sur la scène africaine. La 18ème édition de la CAN regroupe plus d’équipes que les précédentes, 12 nations sont de la partie. Chaque groupe a trois pays.

Les Léopards sont dans le Groupe B avec le Cameroun et le Maroc. Pendant la phase des groupes, aucun match n’est remporté par les zaïrois, qui en deux matches sont accrochés sur la même note, un but partout. Avec deux points, la qualification en quart de finale est acquise. Un quart de finale que les coéquipiers de KONA ne dépasseront pas. Ils sont battus par les Super Eagles du Nigéria (1-0), YEKENI renvoie toute une nation aux pillages, les Forces Armées du Zaïre et la Division Spéciale Présidentielle visitent les magasins.  L’organisation de la CAN en 1994 avec l’inauguration du Stade KAMANYOLA est rangée dans les tiroirs d’après, il faut migrer vers la Tunisie.

CAN 1994 – 1996 : Zaïre et l’épreuve du quart de finale

Le goût de 1992 est resté sur les langues des zaïrois qui repartent deux ans plus tard pour faire mieux. Ils retrouvent la Tunisie, cette nation qui les a accueillis pour leur première apparition africaine.

Les Léopards partagent le même groupe que les Aigles de Carthage de la Tunisie. En première sortie, le Mali se range droit sur le Zaïre, mais n’arrive à le dérouter, puisque les Aigles seront croqués crus par les Fauves. A la 48ème minute, BASAULA met son pays en avant-plan et lui offre les trois premiers points.

La dernière sortie oppose le Zaïre au pays organisateur, la Tunisie. Battus par le Mali lors de la première sortie, les Aigles de Carthage viennent pour se relancer et ouvrent en premier le score à la 43ème minute par ROUISSI sur penalty. Pétrie des bons éléments à l’occurrence KABONGO NGOYI, la sélection des fauves se relancera en deuxième période pour décrocher l’égalisation par l’entremise de l’ex-sociétaire de l’Olympique Lyonnais, Eugène KABONGO NGOY, à la 55ème minute. Le pays organisateur est out !

En quart de finale, comme il y a deux ans, les Super Eagles sortent les Léopards (0-2), parmi les bourreaux, YEKENI.

En 1996, la CAN s’invite en Afrique australe, une première. Et, c’est l’Afrique du Sud qui l’organise après son exclusion suite à l’apartheid.

Bien qu’au bord du gouffre politiquement, les zaïrois se déplacent pour atteindre le dernier carré qu’ils ne verront pas. Après deux matches de phase des groupes (victoire sur le Libéria 2-0 et défaite face au Gabon), les Léopards sortent du groupe à la deuxième place et filent en quart de finale.

La malédiction de cette étape les atteint puisqu’ils y seront débarqués par les Blacks Stars du Ghana menés par ABEDI PELE, 1-0.

A la 8ème place, pointent les Léopards sur 15 participants (forfait du Nigéria). Un positionnement à refaire.

BURKINA FASO 1998 : DU ZAIRE A LA RDC, UNE MEDAILLE DE BRONZE

Début 1997, la partie Est du Zaïre est la proie des rebelles qui se réclament libérateur du pays des Fauves. Mi-mai, le Maréchal MOBUTU prend fuite et s’exile au Maroc. Le Zaïre passe à la RD Congo ; le Léopard est remplacé par le Simba (Lion en Swahili).

C’est avec ce vent que le pays s’engage à la CAN prévue au Burkina Faso dans le Groupe B avec le Togo, la Tunisie et le Ghana. La République Démocratique du Congo bat le Togo et Ghana mais s’incline face à la Tunisie. Une défaite, oui, mais les Simbas sont en quart de finale d’où ils sortent le Cameroun le 20 février 1998.

Mais les Lions, les dents en demi-finale et enregistrent sa deuxième défaite de la compétition face à l’Afrique du Sud (1-2), le but congolais est l’œuvre de BEMBUANA-KEVE à la 48ème minute. Son unique but d’ailleurs avec la RD Congo.

Pour la deuxième fois de l’histoire, c’est un match de 3ème place que doit livrer les Simbas, qui comme en 1972 affrontent le pays organisateur, le Burkina Faso.

3ème place CAN 1998 : Un match de Ouf !Le Burkina Faso veut une CAN à 80 pourcent réussie, mais il ne peut l’atteindre sans une médaille. Le match de 3ème place passe pour le match de toute une vie. Les Etalons inscrivent coup sur coup trois buts (6ème, 52ème et 56ème minutes). Les congolais réagissent à la 76ème minute (MUNGONGO) et encaissent à nouveau (à la  86ème minute). Un quatrième but burkinabé enflamme les Simbas qui se lancent dans la chasse à la médaille de bronze. Ils flanquent trois buts sans arrêt (86ème, 88ème et 89ème minutes) et s’invitent à la séance de tirs au but, étape qu’ils franchissent avec brio en transformant 4 épreuves alors que le Burkina n’en réussit qu’un seul. La République Démocratique du Congo est pour la première fois de son histoire troisième d’une Coupe d’Afrique des Nations, avec un sélectionneur congolais, WATUNDA.

A (re)lire CAN : LÉOPARDS, TOUTE UNE HISTOIRE (1ère Partie)

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