Pour une première depuis son élévation au rang de Ministre des Sports et Loisirs en RD Congo, Marcel Amos MBAYO a échangé ce mardi 28 Octobre dans son Cabinet de travail avec le Président de la Fédération Congolaise de Football Association, Constant OMARI.

Les deux hommes ont échangé sur plusieurs points entre autres celui relatif aux infrastructures sportives sur l’ensemble de la RD Congo. Et sur ce point, la RD Congo est loin d’être un modèle sur le continent, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la pratique et le développement du football.

Le Président de la FECOFA a devant le Ministre des Sports et Loisirs dressé un tableau sur les infrastructures et le danger qui guette déjà les sélections et clubs de la RD Congo puisque la Fédération Internationale de Football Association et la Confédération Africaine de Football sont plus que jamais exigeants en cette matière.

Horsaison.cd reprend dans les lignes qui suivent, l’intégralité de l’interview que le Président de la FECOFA a accordé à la presse au sortir de son entretien avec le Ministre des Sports et Loisirs Marcel Amos MBAYO au sujet des infrastructures sportives.

 » Il y a péril en la demeure d’abord sur le plan des infrastructures et là je l’ai vu sur ma triple casquette.

  1. Membre du Conseil de la FIFA;
  2. Premier Vice-président de la CAF;
  3. Président de la FECOFA.

  1. Nous sommes dans la démarche qu’il faudrait que chaque pays puisse standardiser au moins un stade aux normes, vraiment aux normes de la FIFA pour abriter les matchs des éliminatoires de la coupe du monde parce qu’on estime qu’il y a des problèmes d’ordre sécuritaire, marketing, donc on tient compte que chaque pays au monde puisse avoir au minimum un stade standardisé.

Je dirige aussi la Commission inter-clubs, c’est moi qui en suis le Président. Nous avons décidé aussi que les compétitions interclubs africaines ne soient jouées que dans des stades standardisés pour permettre :

  • aux athlètes d’avoir les meilleures conditions;
  • le développement du football, du jeu;
  • permettre à la CAF de mieux les commercialiser, parce que vous n’allez pas continuer à présenter aux preneurs, aux contractants qui ont signé avec nous des contrats commerciaux des spectacles sur des aires de jeu qui n’en sont pas une et ensuite les stades où on trouve les gens à même les bétons ça ne fait pas bien à l’image.

J’ai vu Monsieur le Ministre pour le sensibiliser, bien sûr que vous avez appris qu’il y a des inspecteurs de la FIFA qui sillonnent aujourd’hui toute l’Afrique pour essayer de voir.

Nous avons décidé de dresser une liste des stades que l’on devra fermer si ces pays là ne comprennent pas qu’il faudrait standardiser leurs stades, on va les fermer et à chaque pays, les clubs ou les équipes nationales vont choisir dans quel pays allait évoluer parce que après 60 ans d’indépendance, on estime que l’Afrique devra évoluer autrement.

On a constaté deux vitesses, beaucoup de pays africains se sont adonnés et ont standardisé.

Je viens de faire une tournée au Cameroun dans le cadre de la préparation du CHAN, j’ai passé quatre jours, j’ai fait Yaoundé, Douala, Bafusame et Garoua, je vous jure j’avais des larmes aux yeux, on ne peut pas dire que le Cameroun aujourd’hui est de loin plus riche que le Congo.

Ce que j’ai vu comme stades et terrains d’entraînement, la qualité de la pelouse naturelle sur ces terrains d’entraînement, dans les stades, ça laisse à penser.

Donc à partir de ce moment là, j’ai sensibilisé Monsieur le Ministre pour qu’on comprenne que « le besoin du développement du football congolais dépasse la capacité de la Fédération. »

Ce n’est pas dans un Etat où vous avez les moyens de transport qui coûtent excessivement chers, les provinces ne sont pas reliées dans des routes correctement pour permettre à ce que les gens puissent jouer et prendre des bus pour aller ailleurs, ce n’est pas la FECOFA. Quel que soit ce qu’elle peut avoir comme arsenal, ce n’est pas la FECOFA qui peut faire face à ça.

Vous savez que les infrastructures n’appartiennent pas aux fédérations, c’est l’Etat qui s’investit dans le cadre de sa politique sociale et culturelle dans les infrastructures, si l’Etat peut arriver cette fois-ci à titre exceptionnel à le faire ça fera du bien.

Peut-être que parfois ce que nous faisons pour préserver notre Stade des Martyrs ici beaucoup de gens ne le savent pas, mais l’épée de Damoclès est suspendue. Ce stade déjà à l’inauguration était inachevé, il était réalisé à 70% , il restait les 30% qui jusqu’aujourd’hui ne sont pas encore réalisés et même dans les 70% beaucoup de choses se sont dégradées.

Il est donc grand temps qu’on puisse dans les meilleurs de cas, disponibiliser des moyens pour que ce stade soit standardisé un tant soit peu qui à ce que nous puissions obtenir comme nous l’avons toujours fait des clémences au niveau de la CAF bénéficiant un peu de notre position pour permettre que les choses se passent correctement.

Mais ça serait quand même malheureux que l’équipe nationale puisse choisir, soit de jouer à Kinshasa, ça serait impossible parce qu’on n’a pas de stade ou aller à Brazzaville ou aller à Lubumbashi où il n’y a qu’un seul stade celui de MAZEMBE qui n’a que 22.000 places. Eux au moins, ils sont entrain de fournir cet effort pour standardiser leur stade, je viens de voir qu’ils viennent de terminer l’installation de la nouvelle pelouse synthétique, c’est encourageant mais l’Etat détient l’imperium et les moyens, nous pensons que c’est l’occasion. »

Ce dossier lié aux infrastructures n’est pas nouveau pour Amos MBAYO, mais dans sa peau de Ministre des Sports et Loisirs, il va devoir faire preuve de sa capacité à y remédier. C’est dans la résolution de tels problèmes qu’il est vraiment attendu pour faire la différence.

Horsaison / OrSaison

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